stade Gerland
GERLAND, 43 051 PLACES :
Tribune latérale Jean Bouin:
9 777 places
Tribune latérale Jean Jaurès:
8 544 places
Virages inférieurs:
8 000 places (x2)
Virage nord supérieur:
4 429 places
Virage sud supérieur:
4 301 places
L'histoire de gerland
Le stade Gerland tel qu'il se présente aujourd'hui n'a, pour ses utilisateurs, plus grand chose en commun avec celui réalisé au début du siècle par Tony Garnier.
Anciennement hôte du cyclisme, de l'athlétisme et de la gymnastique, conçu de façon circulaire pour éventuellement accueillir un jour les Jeux olympiques, le Gerland ancien ressemblait à un stade vélodrome découvert sur lequel le football a gagné aux forceps le droit de se répandre. La remarque concerne à la fois les spectateurs, d'abord très éloignés de la pelouse, et les joueurs qui, pendant les premières années, ont évolué sur un véritable champ de patates.
La continuité architecturale du site est en revanche remarquable. Même si Gerland n'a plus grand chose à voir avec le vieux stade "à l'antique" initialement construit, ses quatre "entrées monumentales", classées monuments historiques depuis 1967, sont là pour faire le lien entre le passé et le présent. Les architectes chargés de réhabiliter Gerland entre 1996 et 1998 ont par ailleurs voulu pérenniser les lignes imagninées par Tony Garnier soixante-dix ans plus tôt pour créer un stade dans la ville, aéré, ouvert sur son environnement. "Nous avons gardé ce que nous appelons dans notre jargon les tracés régulateurs de Tony Garnier" indique Albert Constantin, concepteur du Gerland nouveau.
1913-1950 : Un stade qui rêve des Jeux
Le stade de Gerland naît- de la volonté du maire élu en 1905, Edouard Herriot, de doter Lyon d'un grand équipement sportif. Pour le réaliser, il mandate Tony Garnier, déjà auteur de plusieurs hôtels, logements et des Abattoirs à Lyon, dans la perspective de l'exposition internationale de 1914 à laquelle Herriot veut inclure une section sport et éducation physique.
« A l'époque, à part les stades vélodromes de Marseille et Bordeaux, il n'y avait rien de comparable en France. C'était très innovant qu'un maire demande un équipement sportif », note Albert Constantin. Lyon envisage alors l'organisation des Jeux en 1920 ou 1924.
Le stade conçu à partir de 1913 n'a rien à voir avec un stade de football. C'est un stade gréco-romain destiné à accueillir des courses de vélo, des compétitions athlétiques, des grandes fêtes populaires et scolaires, des défilés.
Les gradins sont amples mais d'une contenance modeste. Ils sont disposés loin de l'aire de jeux et assurent une visibilité très aléatoire. C'est typiquement un stade olympique à l'antique, ovale, très aéré, sur lequel règnent quatre entrées monumentales en forme d'arches, aux quatre coins de l'aire de jeu. Les gradins sont supportés par une épaisse végétation qui invite au rapprochement avec Athènes. Une galerie périphérique à portiques entoure le stade, où les gens circulent librement, un peu comme dans une foire. La stade peut alors accueillir 30 000 personnes.
Treize ans s'écoulent entre les premiers coups de pelle et l'inauguration du stade en 1926, avec force ministres accueillis à la gare de Perrache par Edouard Herriot. La guerre a ralenti la construction mais le stade est régulièrement utilisé à partir de 1920. Une piscine est construite à côté, prélude au grand dessein de Tony Garnier qui rêvait d'une sorte de cité des sports avec courts de tennis, village pour athlètes, gymnase. Un projet qui restera sans suite.
Le stade a ensuite évolué au gré des désirs et projets des uns et des autres. La piste d'athlétisme est remise à neuf en 1942 pour une opposition France-Suisse. L'installation de l'Olympique lyonnais à partir de 1950 encourage le champ de betteraves de devenir progressivement pelouse. La même année, le vélodrome de Gerland accueille l'arrivée d'un contre-la-montre individuel du Tour de France. En 1954, devant l'utilisation croissante du stade, le conseil municipal envisage de couvrir sa partie droite.
Kubler franchit la ligne d'arrivée d'un contre-la-montre individuel du Tour de France 1950 (Photo L'Equipe)
Des années 50 à L'Euro 84 : Un stade Vélodrome... pour le football
En 1957, l'OL installe une tribune en bois de 2000 places en vue du derby contre Saint-Etienne, mais la mairie voit déjà plus loin en 1961 en étudiant la possibilité de faire de Gerland un stade de 85 000 places sur deux étages en vue d'une candidature aux Jeux... On se contentera, à partir de 1962, de détruire les tribunes en bois et de supprimer le Vélodrome pour rapprocher les spectateurs du terrain utilisé par l'OL.
Deux gradins de 9 000 places sont créés sur ses décombres, portant la capacité du stade à 40 000 places en 1965. Lors du derby contre Saint-Etienne en 1980, Gerland connaît la plus grosse affluence de son histoire : plus de 48 552 spectateurs. Gerland ressemble à un grand stade vélodrome circulaire, mais sans vélodrome !
L'Euro 84 approchant, le stade connaît son premier véritable lifting au début des années 80, sous la réflexion de l'architecte René Gagès. La piste d'athlétisme est supprimée et la nouveauté vient de la couverture des deux tribunes latérales, Jean Jaurès et Jean Bouin, qui donnent au stade une forme rectangulaire rompant avec sa traditionnelle allure circulaire. Ces couvertures sont portées par une poutre de 125 mètres de long sans poteau pour le soutenir au milieu des tribunes.
1998 : Un Gerland nouveau pour le Mondial
Le stade se refera une beauté pour la coupe du Monde 1998. Des virages semi-sphériques à double étage et couverts sont construits, rapprochés des terrains, des sièges individuels sont installés à la place des bancs, les grillages sont éliminés et les loges des tribunes latérales sont refaites.
Les deux virages sont couverts par une toile de 4 300 mètres carrés chacun, divisés en sept membranes dont les plus importantes mesurent 45x22 mètres. Des travaux s'élevant à plus de 213 millions de francs, financés pour plus de la moitié par la ville de Lyon (54%). La capacité du stade s'élève aujourd'hui à plus de 43 000 places.
"Le stade de Gerland tel qu'il est aujourd'hui est le résultat de trois projets successifs" synthétise Albert Constantin, qui a veillé à rester fidèle au projet de "stade dans la ville" voulu par Tony Garnier. "C'est un stade urbain contemporain, tout sauf un chaudron. C'est un lieu de détente, où l'on vit le sport intensément puisqu'on est près du terrain, mais où il n'y a pas d'enfermement dans un site. La ville est visible des tribunes."